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Zombie

Sobriquet désobligeant donné aux conscrits – par les hommes qui étaient volontaires durant la Deuxième Guerre mondiale.

Voir aussi : Loi sur la mobilisation des ressources nationales (LMRN).

Zouaves

L’origine des zouaves date de l’intervention de la France en Algérie, à partir de 1830. Une tribu locale, les « Zouavis », se joignit à l’Armée française en tant que troupe auxiliaire et se fit rapidement remarquer par sa bravoure exceptionnelle ainsi que par sa tenue orientale attrayante et plutôt mystérieuse, faite d’un turban, d’une veste courte tressée et d’une culotte bouffante volumineuse. Plusieurs régiments furent levés et bientôt pourvus exclusivement de Français fascinés par la mystique « orientale » à mesure qu’ils découvraient les cultures arabes de l’Afrique du Nord.

Durant la guerre de Crimée, les régiments de zouaves firent une excellente impression au siège de Sébastopol et furent encensés par la presse mondiale. C’est ainsi qu’ils devinrent à la mode et que de nombreuses armées nationales, notamment aux États-Unis et au Brésil, commencèrent à se doter d’unités de type zouave dans leurs forces régulières ou de réserve. Au Canada comme en Grande-Bretagne, l’engouement suscité par les zouaves fut, au début, assez discret.

La seule unité de zouaves de milice à être levée au Canada fut une formation volontaire, la Company of Zouaves, formée à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) le 8 décembre 1862 et amalgamée en tant que No. 5 « Zouaves » Company au Saint John Volunteer Battalion le 12 avril 1863. . Son uniforme était le suivant : une veste et un gilet zouaves bleu français (bleu pâle), une culotte bleue ample, fermée aux genoux, et une calotte rouge . La compagnie procéda elle-même à sa dissolution en mars 1866, parce que ses membres refusaient d’adopter l’uniforme écarlate réglementaire du bataillon. Mais cela ne sonna pas le glas des zouaves au Canada : des événements dramatiques survenant dans la lointaine Italie, dans les années 1860, allaient conduire à la formation de l’une des organisations paramilitaires les plus vastes au pays, et qui demeura active pendant plus d’un siècle.

Voir aussi : Zouaves pontificaux.

Zouaves pontificaux

L’origine des Zouaves pontificaux canadiens remonte aux guerres d’unification italiennes des années 1860. À cette époque, outre son domaine spirituel au sein de la religion catholique romaine, la papauté avait aussi le domaine temporel des États pontificaux, lesquels se composaient essentiellement du centre de l’Italie, dont la ville de Rome. Dans sa quête pour sauver les États pontificaux, le pape Pie IX fit appel à des volontaires catholiques de tous les pays pour qu’ils se joignent à l’armée pontificale et défendent Rome et ses territoires. L’appel à l’aide du pape fut lu du haut de toutes les chaires du monde catholique, y compris le Canada français, avec le résultat que, en dépit de strictes normes de recrutement et de difficultés pécuniaires, plus de 500 Canadiens joignirent les rangs des Zouaves pontificaux entre 1868 et la chute de Rome en 1870. Il s’agit, avant la guerre des Boërs, du plus important contingent militaire de Canadiens à servir outre-mer.

À Rome, les Canadiens furent incorporés au Corps des Zouaves pontificaux, qui avait été organisé par des officiers français, depuis 1860, en vue d’intégrer les volontaires, francophones pour la plupart. L’unité fonctionnait en français et possédait à l’époque un uniforme de type zouave fort élégant, de couleur grise et rehaussé de rouge (bleu gris et rehaussé de noir pour les officiers). Les Canadiens furent affectés à la chasse aux bandits et aux « guérilleros » dans les collines, une tâche qu’ils exécutèrent avec beaucoup d’efficacité; dans l’ensemble, il n’y eut que peu de morts, pour cause de maladie dans la plupart des cas. À la suite de leur rapatriement, de nombreux vétérans formèrent leur propre association et des groupes paramilitaires de zouaves prirent naissance dans de nombreuses paroisses au Canada français, où ils firent fonction de gardiens d’église et d’agents de sécurité lors des processions et d’autres activités religieuses officielles.

Lez Zouaves canadiens ouvrirent leurs portes à tous en 1900, et furent structurés en un « Régiment des Zouaves pontificaux canadiens », qui comptait plus d’une vingtaine de compagnies et au moins 1 500 volontaires. Ils formèrent une sorte de milice parallèle et, dans bien des villes, eurent plus de succès et furent plus nombreux que l’unité locale de la milice canadienne, une organisation perçue par bien des gens au Canada français comme favorisant les anglophones, les protestants et les bourgeois canadiens français ayant des ambitions politiques.

Dans les Zouaves, un Canadien français intéressé par le service militaire pouvait faire les exercices et tout le reste dans sa propre langue et sans ennuis, ce qui compensait le fait de ne recevoir aucune solde pour les exercices, être promu sans préjugé, servir sa foi à une époque où la religion occupait une place importante dans la cohésion sociale de sa collectivité nationale, être initié à des éléments de la tradition militaire française et porter un uniforme distinct qui n’était pas britannique, même s’il devait le payer de sa poche. Et, quant à sa légitimité, le régiment bénéficiait de l’appui du cardinal catholique du Canada ainsi que de la « bénédiction » du pape lui-même. Surprises, les hautes instances de la milice canadienne de l’époque ne comprirent jamais vraiment ce que représentaient les Zouaves, et ne s’en préoccupèrent pas vraiment, mais elles distribuèrent quand même des armes désuètes à quelques unités, comme les fusils Snider-Enfield que reçut la compagnie de Trois-Rivières.

Les suggestions de lever des régiments de Zouaves canadiens français au sein de la milice canadienne furent toutes rejetées. Face à l’évolution rapide et marquante de la société canadienne française à partir des années 1960, qui fut notamment marquée par le retrait de l’Église et l’évolution des Forces canadiennes vers le bilinguisme et un environnement multiculturel, les Zouaves qui, en 1968, comptaient encore plus de 1 500 volontaires répartis dans cinq bataillons, n’avaient plus leur place et disparurent dans les années 1980. Il est à noter que les Zouaves pontificaux canadiens portèrent exactement le même uniforme que dans les années 1860 jusqu’en 1968, quand les culottes bouffantes furent remplacées par des pantalons ordinaires.

Voir aussi : zouaves.