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Inscription au drapeau

Reconnaissance officielle de la participation honorable d’une unité à une bataille ou à une campagne : le nom de l’engagement ou de la campagne est blasonné sur le drapeau régimentaire. Les drapeaux de quelques régiments canadiens sont presque recouverts des nombreuses inscriptions acquises lors des deux guerres mondiales. Les navires de guerre ont des inscriptions liées aux batailles ou aux campagnes navales acquises par un navire et ses prédécesseurs du même nom. Les escadrons de l’Aviation ont les inscriptions blasonnées sur leur étendard. Cette pratique, inaugurée en 1943 dans la Royal Air Force britannique, est appliquée par l’ARC depuis 1958.

Instruction et entraînement

Comme toute autre profession, le métier des armes exige une instruction et un entraînement. Cela explique que l’instruction et l’entraînement des militaires canadiens accordent une large place au moral, à l’esprit de corps et à la discipline ainsi qu’à la préparation professionnelle et technique des soldats appelés à affronter de difficiles conditions de combat.

Voir aussi : Élève-officier, Collège militaire royal.

Information et moyens d’information

Chez les militaires, les communications comprennent essentiellement la transmission d’ordres et la réception de rapports par les commandants. Des subalternes bien informés ont plus de chances d’atteindre les objectifs; les commandants, quant à eux, doivent disposer rapidement de rapports précis sur l’état de leurs forces et les pertes. Les communications peuvent se faire oralement, par écrit ou par signaux visuels. Sur le plan administratif, les communications militaires font largement appel aux imprimés depuis le XVIIe siècle. D’ailleurs, les principaux QG des armées disposaient souvent de presses, même en campagne.

L’information militaire peut faire appel à des sources et à des moyens divers, mais elle doit toujours être fragmentée. Comme l’information a un caractère vital, seuls les commandants supérieurs doivent avoir une idée précises et complète de la situation; les officiers subalternes capturés ne connaissant que la situation de leur secteur, ils ne pourront presque jamais fournir de renseignements utiles à l’ennemi. Parmi les autres moyens d’information, il faut signaler les publications qui avaient pour but d’informer et de divertir les troupes; ce fut le cas par exemple de la revue Maple Leaf publiée pendant la Première Guerre mondiale. La propagande militaire, quant à elle, a toujours visé à soutenir le moral en vue de l’effort de guerre.

Voir aussi : Censure, Correspondant de guerre.

Insignes, plaques et armoiries

Les guerriers et les organisations militaires utilisent des insignes depuis très longtemps. Au Canada, les explorateurs européens se servaient des armoiries de leur pays pour prendre possession d’un territoire au nom de leur souverain. Selon les récits des premiers explorateurs, le boucliers et d’autres articles des Amérindiens portaient des signes distinctifs. Des insignes comme les monogrammes ont commencé à être utilisés sur les plaques des baudriers et les boutons en laiton dans le dernier tiers du XVIIIe siècle et, à compter de 1800, sur les plaques de shako. Les insignes servaient aussi à embellir les drapeaux et les étendards des unités. À compter du dernier tiers du XIXe siècle, on a ajouté des insignes d’unité aux uniformes des militaires canadiens. Les navires et les escadrons aériens ont des plaques portant l’insigne ou les armoiries qui les distinguent.

Internement

L’internement se fait habituellement dans de grands camps construits à cette fin. En général, les personnes internées sont des civils arrêtés et détenus par l’État. Les camps sont habituellement administrés par les autorités militaires. Les camps d’internement ont aussi été appelés « camps de concentration ». Depuis 1945, toutefois, cette appellation est devenue indissociable des camps d’extermination nazis où des millions de civils juifs ont péri. Les premiers camps d’internement importants dans ce qui est aujourd’hui le Canada ont été établis dans la vallée de l’Annapolis (Nouvelle-Écosse), à l’été de 1755, pour détenir des milliers d’infortunés Acadiens, hommes, femmes et enfants, dans l’attente des navires qui allaient les déporter. Il ne s’est pas fait ensuite d’internement à grande échelle au Canada avant la Première Guerre mondiale.

En 1914, des « sujets de pays ennemis », comme on appelait à l’époque les immigrants venus d’Allemagne, d’Autriche, de Bulgarie, de Turquie, de Croatie, de Serbie et d’Ukraine, ont disposé d’un mois pour s’inscrire; ceux qui ont négligé de le faire furent arrêtés et internés dans 20 camps établis dans des régions isolées, d’un bout à l’autre du pays. Ainsi, 8 579 personnes, surtout des Ukrainiens, ont été internées, leurs biens étant saisis par l’État. L’un des plus grands camps d’internement se trouvait à Spirit Lake, dans le Nord québécois; quelque 1 200 personnes, dont 60 femmes et enfants, y ont été détenues pendant deux ans. En 1916, tous ou presque avaient été libérés.

Des camps d’internement ont de nouveau été établis au Canada pendant la Seconde Guerre mondiale. Des opposants à la conscription ont été arrêtés et détenus dans des camps; parmi eux figuraient le maire de Montréal, Camilien Houde, qui a été interné au Nouveau-Brunswick. Les autres personnes internées étaient des ressortissants italiens et allemands qui avaient été arrêtés en tant que sujets de pays ennemis. Du côté des ressortissants allemands, le cas le plus pathétique était probablement celui des juifs allemands qui s’étaient réfugiés en Grande-Bretagne et qui y avaient été arrêtés après le déclenchement des hostilités. En 1940, 1 800 d’entre eux ont été envoyés au Canada pour y être internés et ont été accueillis baïonnettes au canon à leur arrivée à Québec parce qu’ils avaient été déclarés par erreur « nazis dangereux ». Divers incidents ont amené les autorités canadiennes à reconsidérer le statut de ces hommes. Internés au départ dans plusieurs camps, la plupart d’entre eux ont ensuite été envoyés à Fort Lennox, au Québec, qui était un site historique avant la guerre. Les hommes de la garde territoriale des anciens combattants et des habitants du village voisin de Saint-Paul ont fait de leur mieux pour aider. Les barbelés qui entouraient le fort avaient presque entièrement été enlevés en 1941. Ces hommes innocents et persécutés ont graduellement été libérés; ce n’est toutefois qu’à la fin de 1943 que les 83 derniers d’entre eux, transférés depuis à Hull, au Québec, ont été libérés. Beaucoup sont restés au Canada pour y refaire leur vie.

La pire affaire d’internement de l’histoire canadienne, par son étendue même, a vraisemblablement été la détention de Canadiens japonais. Quand les Japonais ont attaqué Pearl Harbour et Hong Kong en décembre 1941, la panique s’est emparée de la population de la côte ouest et une vague de racisme a abouti à l’arrestation et à l’internement, loin à l’intérieur de la Colombie-Britannique, d’environ 22 000 Canadiens innocents d’origine japonaise, hommes, femmes et enfants, qui se sont vu dépouiller de leurs biens et de leurs moyens de subsistance. Les conditions d’internement étaient difficiles. Au camp de Hastings Park, il y avait 10 douches pour 1 500 femmes; les toilettes consistaient en une rigole de tôle, sans sièges ni cloisons. Les personnes internées vivaient pour ainsi dire dans des cabanes. Elles ont été libérées en 1946, et on leur a offert de se réinstaller dans le centre du Canada ou d’être déportées au Japon; ce n’est qu’en 1949 que ces Canadiens d’origine japonaise ont été admis de nouveau à s’établir en Colombie-Britannique. Cette affaire constituait une manifestation abjecte de racisme pour laquelle le gouvernement du Canada a présenté des excuses officielles, longtemps après la guerre. La question de la détention de citoyens canadiens dans des camps d’internement militaires a certainement laissé un sentiment de malaise au pays et été à l’origine de certaines clauses de la Charte des droits de 1982 qui, on peut l’espérer, fourniront de meilleures balises dans les crises futures.

Voir aussi : Prisonnier de guerre.