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Industrie et commerce de guerre

Avant le XXe siècle, l’industrie de guerre canadienne était pour ainsi dire inexistante. Le matériel de guerre comme les armes, la poudre et les uniformes étaient presque entièrement importés de la mère patrie. Seuls ont fait exception les balles et les boulets fabriqués aux Forges du Saint-Maurice, près de Trois-Rivières, à partir des années 1740. Ce n’est qu’après la Confédération que le Canada a fait des efforts pour se donner une certaine autonomie en matière d’approvisionnements militaires. Des munitions ont été produites au Québec à compter de 1882, des uniformes destinés aux miliciens ont été confectionnés au Canada à partir de 1885, et des fusils militaires Ross ont été fabriqués au pays à partir du début du XXe siècle, mais cela ne formait pas à proprement parler une industrie de guerre.

Une industrie de guerre à grande échelle est apparue au Canada pendant la Première Guerre mondiale, après l’entrée en guerre du pays. Sous la coordination de la Commission impériale des munitions, du matériel canadien a été envoyé en Europe, des entreprises, nouvelles ou anciennes, produisant des quantités considérables de matériel de guerre. En 1917, l’industrie de guerre employait au moins 150 000 travailleurs sur une population de plus de 7 millions d’habitants, dans quelque 600 manufactures dont la production allait des uniformes aux sous-marins. La fabrication des munitions était une activité particulièrement importante; en 1917, le Canada a produit près du tiers des munitions utilisées par l’artillerie alliée.

Cette industrialisation massive et le manque d’hommes valides a amené des dizaines de milliers de Canadiennes à travailler dans des manufactures pour la première fois de l’histoire du pays; au moins 35 000 d’entre elles travaillaient dans des fabriques de munitions de l’Ontario et du Québec. Cette arrivée en grand nombre des femmes sur le marché du travail a rapidement eu de profondes conséquences politiques : en septembre 1917, les femmes apparentées à des soldats actifs ont obtenu le droit de voter aux élections fédérales, et cette mesure a été étendue à toutes les femmes en mai 1918.

Après la guerre, de nombreuses manufactures ont fermé leurs portes, mais une infrastructure industrielle a subsisté. La production alimentaire destinée à l’Europe avait aussi augmenté considérablement. Aujourd’hui oubliée, l’exportation de chevaux de cavalerie et de trait était à l’époque une production militaire fort importante. Après la guerre, une commission royale d’enquête sur les courses de chevaux a insisté sur la nécessité de préserver au pays des élevages de chevaux, la remonte de l’Empire britannique étant assurée par le Canada.

L’industrie militaire a pratiquement disparu au Canada jusqu’en septembre 1939. Une fois encore, une formidable industrie de guerre est née de presque rien en quelques mois. En 1940, les chantiers maritimes du pays n’ont lancé que 16 navires; en 1945, par contre, les 108 000 travailleurs des chantiers navals du pays ont produit 4 419 navires, certaines des plus importantes installations se trouvant à North Vancouver, en Colombie-Britannique, qui se spécialisait dans la production de cargos du type Liberty. L’avionnerie était presque inexistante en 1939; des manufactures comme la Canadian Car and Foundry de Fort William, en Ontario, ont néanmoins été réoutillées pour se lancer rapidement dans la fabrication de chasseurs Hawker Hurricane; il a fallu attendre presque un an la sortie du premier appareil, mais la production est vite passée à trois ou quatre par semaines. À la fin de la guerre, 130 000 travailleurs avaient construit au Canada environ 16 400 avions.

De même, près de 8 600 chars et véhicules blindés ont été construits de 1940 à 1945. En fait, le pays a produit de tout pour soutenir l’effort de guerre, des uniformes aux parachutes. Le chômage engendré par la grande crise a disparu. Environ 1 100 000 Canadiens, dont 261 000 femmes, travaillaient dans l’industrie de guerre en 1944-1945; cela représentait le dixième de la population du pays, soit une proportion nettement plus élevée que pendant la Première Guerre mondiale.

Infirmière (militaire canadienne)

Au Canada, les soins infirmiers militaires datent du tout début du Régime français. Il n’existait pas à cette époque, et avant la fin du XIXe siècle, des services de soins infirmiers militaires particuliers; ces fonctions étaient exécutées par des ordres religieux dont c’était la vocation. Il s’agissait pour la plupart d’ordres de religieuses, comme les Sœurs de la charité. Ces ordres fondèrent et dirigèrent les hôpitaux en Nouvelle-France. Comme dans l’Ancienne France, ces religieuses recevaient des subventions royales pour tenir les hôpitaux et, en retour, elles soignaient les officiers des troupes royales qui étaient malades ou blessés. À partir de 1759, les mêmes dispositions furent prises avec les autorités britanniques. Il n’y avait pas d’infirmières dans les unités britanniques, mais l’on s’attendait à ce que les épouses des soldats aident les chirurgiens régimentaires. Les soins infirmiers en tant que profession furent en grande partie le fruit des efforts de Florence Nightingale qui, horrifiée par les conditions sanitaires déplorables dans lesquelles on soignait les soldats blessés lors de la guerre de Crimée (1854-1855), mit sur pied un service doté d’infirmières diplômées. Au Canada, c’est en 1885, année de la rébellion de Louis Riel, que des premières infirmières servirent pour la première fois sur un champ de bataille. Quelques-unes furent affectées à la Troupe de campagne du Yukon (1898) ainsi qu’aux contingents canadiens présents en Afrique du Sud (1899-1902).

En 1904, un petit service permanent de soins infirmiers fut constitué au sein du Corps de santé royal canadien (CSRC). Autour de ce petit noyau, les infirmières du Canada tout entier pouvaient se porter volontaires pour servir activement en temps de guerre, conformément à une entente conclue entre le gouvernement et les associations de soins infirmiers civils du pays (notamment la Croix rouge canadienne, l’Ambulance Saint-Jean et les Infirmières de l’Ordre de Victoria). Des milliers d’infirmières canadiennes offrirent volontairement leurs services durant la Première Guerre mondiale, qui fut une époque de profonds changements et d’innovations dans le domaine des services médicaux militaires. Tout d’abord, des unités médicales furent constituées en hôpitaux. Cependant, l’établissement éventuel des postes d’évacuation sanitaire permit d’offrir des traitements plus rapides et plus efficaces aux personnes blessées en première ligne.

L’introduction du navire-hôpital fut l’une des innovations des Services médicaux de la Première Guerre mondiale. Dans la nuit du 27 juin 1918, le navire-hôpital canadien Llandovery Castle fut torpillé, et 234 personnes perdirent la vie, dont les 14 sœurs qui se trouvaient à bord. En tout, 3 141 sœurs infirmières servirent dans le Service de santé de l’Armée canadienne, dont 2 504 outre-mer, en Angleterre, en France et dans l’est de la Méditerranée, à Gallipoli, à Alexandrie et en Salonique. Lorsque la Première Guerre mondiale prit fin, 46 sœurs infirmières avaient perdu la vie.

Le Service de soins infirmiers du CSRC redevint le minuscule cadre d’infirmières qu’il avait été durant les années 1920 et 1930. Dans les mois qui précédèrent septembre 1939, des milliers d’infirmières s’étaient portées volontaires auprès du CSRC et allaient servir dans presque tous les théâtres de la guerre, affectées à des unités comme les ambulances de campagne, les hôpitaux généraux et les centres de convalescence, à l’étranger comme au Canada. Il y eut deux navires-hôpitaux canadiens, le Lady Nelson et le Letitia, qui transportèrent 28 000 victimes alliées et 2 700 victimes prisonnières de guerre. Quelque 3 656 infirmières servirent au sein du CSRC, et plus de 2 600 furent affectées outre-mer. Quand la Deuxième Guerre mondiale éclata, ni la Marine ni l’Aviation n’étaient dotées d’infirmières.

Le Service de soins infirmiers de l’ARC fut autorisé le 28 novembre 1940, et son effectif passa à 481 infirmières en 1945; environ une sur sept servait outre-mer. La MRC inaugura son service de soins infirmiers avec trois infirmières le 4 décembre 1942, et, à la fin de la guerre, leur nombre avait augmenté à 343. En tout, les infirmières canadiennes desservirent plus d’une centaine de grands hôpitaux, traitant quelque 60 000 Canadiens, de même que des milliers de soldats blessés alliés et ennemis. Leur âge moyen était de 24 à 26 ans; comme ce fut le cas pendant la Première Guerre mondiale, toutes étaient des officiers commissionnés. Les infirmières canadiennes ont servi depuis ce temps dans la guerre de Corée et dans d’innombrables missions humanitaires et de maintien de la paix de l’Organisation des Nations Unies. Aujourd’hui comme jamais, elles procurent un soulagement aux victimes combattantes et civiles en soignant non seulement les blessures infligées au combat, mais aussi les maladies infectieuses.

Voir aussi : Corps de santé royal canadien (CSRC).

Information et moyens d’information

Chez les militaires, les communications comprennent essentiellement la transmission d’ordres et la réception de rapports par les commandants. Des subalternes bien informés ont plus de chances d’atteindre les objectifs; les commandants, quant à eux, doivent disposer rapidement de rapports précis sur l’état de leurs forces et les pertes. Les communications peuvent se faire oralement, par écrit ou par signaux visuels. Sur le plan administratif, les communications militaires font largement appel aux imprimés depuis le XVIIe siècle. D’ailleurs, les principaux QG des armées disposaient souvent de presses, même en campagne.

L’information militaire peut faire appel à des sources et à des moyens divers, mais elle doit toujours être fragmentée. Comme l’information a un caractère vital, seuls les commandants supérieurs doivent avoir une idée précises et complète de la situation; les officiers subalternes capturés ne connaissant que la situation de leur secteur, ils ne pourront presque jamais fournir de renseignements utiles à l’ennemi. Parmi les autres moyens d’information, il faut signaler les publications qui avaient pour but d’informer et de divertir les troupes; ce fut le cas par exemple de la revue Maple Leaf publiée pendant la Première Guerre mondiale. La propagande militaire, quant à elle, a toujours visé à soutenir le moral en vue de l’effort de guerre.

Voir aussi : Censure, Correspondant de guerre.

Inscription au drapeau

Reconnaissance officielle de la participation honorable d’une unité à une bataille ou à une campagne : le nom de l’engagement ou de la campagne est blasonné sur le drapeau régimentaire. Les drapeaux de quelques régiments canadiens sont presque recouverts des nombreuses inscriptions acquises lors des deux guerres mondiales. Les navires de guerre ont des inscriptions liées aux batailles ou aux campagnes navales acquises par un navire et ses prédécesseurs du même nom. Les escadrons de l’Aviation ont les inscriptions blasonnées sur leur étendard. Cette pratique, inaugurée en 1943 dans la Royal Air Force britannique, est appliquée par l’ARC depuis 1958.

Insignes, plaques et armoiries

Les guerriers et les organisations militaires utilisent des insignes depuis très longtemps. Au Canada, les explorateurs européens se servaient des armoiries de leur pays pour prendre possession d’un territoire au nom de leur souverain. Selon les récits des premiers explorateurs, le boucliers et d’autres articles des Amérindiens portaient des signes distinctifs. Des insignes comme les monogrammes ont commencé à être utilisés sur les plaques des baudriers et les boutons en laiton dans le dernier tiers du XVIIIe siècle et, à compter de 1800, sur les plaques de shako. Les insignes servaient aussi à embellir les drapeaux et les étendards des unités. À compter du dernier tiers du XIXe siècle, on a ajouté des insignes d’unité aux uniformes des militaires canadiens. Les navires et les escadrons aériens ont des plaques portant l’insigne ou les armoiries qui les distinguent.