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ANNEXE D: Références

Notes en fin d'ouvrage du volume 2 de la série Le patrimoine militaire canadien : d'hier à aujourd'hui (1755 à 1871) (1 page)


ABRÉVIATIONS EMPLOYÉES :
AC Archives nationales, Colonies (Paris)
AG Archives de la Guerre (Service historique de l'armée de terre, Vincennes)
AN Archives nationales de France (Paris)
ANC Archives nationales du Canada (Ottawa)
ANQQ Archives nationales du Québec à Québec
ANQM Archives nationales du Québec à Montréal
BL British Library (Londres)
PRO Public Records Office (Kew, Angleterre)
SRO Scottish Records Office (Édimbourg, Écosse)


1 Il y avait une compagnie de canonniers-bombardiers au Canada et une à l'île Royale. La Louisiane n'eut pas de compagnie d'artillerie avant 1759 mais, avant cette date, certains fantassins recevaient une formation d'artilleur à l'école de canonniers de Mobile.

2 La garnison louisianaise comprenait 150 soldats suisses de la quatrième compagnie du régiment suisse de Halwyll (appelé Karrer avant 1752), dont une moitié était cantonnée à la Nouvelle-Orléans, l'autre à Mobile.

3 Cité dans Frégault, Guy, La guerre de la Conquête, 1754-1760, Montréal, Fides, 1975, p. 131.

4 L'expression « Régiment de la Marine », utilisée par plusieurs officiers français au Canada pour désigner ce bataillon, a souvent semé la confusion chez les historiens du siècle dernier qui ont cru qu'il s'agissait du régiment de l'armée métropolitaine portant le même nom. Pourtant, ce bataillon temporaire n'a absolument rien à voir avec les régiments « La Marine ou « Royal-Marine » de l'armée métropolitaine qui servaient alors en Europe.

5 Les deux bataillons du régiment de Berry, qui devaient originellement se rendre aux Indes, ne comptaient que neuf compagnies chacun, au lieu de 13. Au total, 1 118 hommes s'embarquèrent à Brest, dont 59 officiers et 26 domestiques. Toutefois, la maladie se déclara durant la traversée, emportant 141 hommes ; à leur arrivée à Québec, à la fin de juillet, les deux bataillons comptaient encore 8 officiers et 200 hommes malades (AG, Al, v. 3459, n°S 49, 100 bis). Par ailleurs, à partir de 1756, plusieurs soldats d'origine irlandaise avaient déserté l'armée britannique pour se joindre aux forces françaises. Un petit corps de ces soldats accompagnait l'armée de Montcalm au siège d'Oswego. Cette troupe portait, tout comme les régiments irlandais au service de la France, un uniforme rouge avec couleurs distinctives vertes. En juin 1757, craignant sans doute le sort que ces hommes subiraient s'ils étaient capturés au Canada par les Britanniques, on les réorganisa en une compagnie qui fut stationnée à Québec jusqu'à son embarquement pour la France, le 16 septembre. La liste nominale de ces soldats est reproduite dans Roy, Pierre-Georges, La ville de Québec sous le Régime français, Québec, 1930, vol. 2, pp. 287-288.

6 Le général Amherst envoya ses compliments à madame Drucour avec un présent d'ananas provenant des Antilles, ce fruit étant alors un rare délice. Madame Drucour le remercia en lui faisant parvenir à son tour un panier plein de bonnes bouteilles de vin.

7 Les 11 drapeaux des autres corps furent remis au général Amherst qui les envoya immédiatement au roi. Ils furent déposés dans la cathédrale Saint-Paul, à Londres, le 6 septembre 1758. La cérémonie fut rapportée dans plusieurs journaux anglais et américains, ainsi que dans l'Annual Register pour 1758, p. 108. Avec le temps, l'humidité les fit pourrir, de sorte qu'il n'en restait plus que quelques lambeaux 70 ans plus tard. Par ailleurs, craignant que Louisbourg ne soit de nouveau remis à la France à la fin de la guerre, comme en 1748, les Britanniques levèrent un corps spécial de mineurs qui fit sauter toutes les fortifications durant l'été de 1760.

8 Vaudreuil au ministre de la Marine, Montréal, 4 août 1758, AC, C11A, vol. 103, fol. 144.

9 Vaudreuil au ministre de la Marine, Montréal, l er novembre 1758, AN, série K, Monuments historiques, carton 1232, n° 51. Le capitaine Aubry appartenait aux troupes de la Louisiane. Il était arrivé au fort Duquesne en juillet avec 240 hommes de renfort provenant de l'Illinois.

10 Bougainville, Louis-Antoine de, Écrits sur le Canada : Mémoires - Journal - Lettres, présentés par Roland Lamontagne, Sillery, Pélican, 1993, p. 379.

11 Robert Napier à William Fauquier, Londres, 6 novembre 1758, PRO, War Office 7, vol. 26.

12 «... were beginning to learn the art of war » , cité dans An Account of the remarkable occurences in the life and travels of Col. James Smith, Lexington, 1799, p. 58.

13 Il s'agissait d'un petit bataillon temporaire, composé des compagnies de grenadiers détachées des 22e, 40e et 45e régiments à Louisbourg.

14 ANQQ Litterary & Historical Society, P450/1, « General Wolfe, the soldier's friend », par le sergent Thomson du 78e.

15 On a souvent attribué la mauvaise tenue des régiments français à l'incorporation de miliciens canadiens dans leurs rangs. Selon leur coutume, afin de se protéger, ces miliciens se seraient allongés par terre pour recharger leurs fusils au lieu de se tenir debout. Il est vrai que l'aspect d'un bataillon s'en trouvait modifié. Malgré tout, la façon de procéder des miliciens canadiens ne changeait guère la manœuvre, car ceux qui rechargeaient leurs fusils devaient nécessairement s'arrêter pour le faire, que ce soit debout ou couché. On allègue encore qu'une partie des miliciens canadiens auraient ensuite abandonné la ligne pour rejoindre les tirailleurs sur les flancs afin de se battre à leur manière. Voilà qui est plus grave, encore que l'on puisse s'interroger sérieusement sur la qualité de l'entraînement donné aux miliciens par les sergents français. Par ailleurs, il est difficile d'admettre sans sourciller que ces miliciens incorporés, au nombre d'environ 300 tout au plus, aient pu influencer la valeur au combat de quelque 3 000 vétérans venus de France. En fait, comme dans bien d'autres batailles rangées qui eurent lieu en Europe pendant la guerre de Sept Ans, les soldats français furent déclassés par la tactique et la discipline nettement supérieures des armées britanniques et prussiennes. Qui plus est, la retraite des régiments français à Québec fut couverte par les miliciens et les troupes coloniales, et ce sont justement ces troupes qui infligèrent les plus lourdes pertes aux Britanniques.

16 « They run, see how they run », « Who runs? »... « the ennemy, Sir »…« Now, God be praised, I will die in peace ». Cité par le capitaine John Knox, du 43e régiment, dans son journal partiellement publié dans The siege of Quebec and the campaigns in North America 1757-1760, présenté par Brian Cornell, Londres, 1976, p. 202. Le corps de Wolfe fut amené à bord du HMS Lowestoft vers 11 heures du matin, puis transporté en Angleterre où il fut inhumé dans le caveau familial à Greenwich.

17 La dépouille de Montcalm fut inhumée dans un grand trou creusé par un obus anglais dans la chapelle des Ursulines. Son crâne est conservé au musée de la même communauté.

18 Plusieurs auteurs ont écrit que le fort Niagara capitula le 24 juillet, affirmation qui n'est que partiellement vraie. En effet, ce fut au cours de la soirée du 24 juillet que le commandant Pouchot et le capitaine britannique Hervey convinrent d'un cessez-le-feu et négocièrent les conditions de la reddition. L'acte de capitulation est cependant daté du 25, et ce fut effectivement ce jour-là que la garnison française rendit le fort. Dunnigan, Brian, Siege - 1759: The Campaign Against Niagara, Old Fort Niagara, Youngstown, N.Y., 1986, pp. 81-82.

19 ANC, MG18, K8, vol. 12, p. 206. Tableau de l'armée destinée à l'expédition de Québec, avril 1760. L'armée rassemblée par Lévis comptait en plus 356 non-combattants : 307 domestiques, 16 chirurgiens et 33 « soldats nègres » appartenant aux régiments de La Reine (10), Béarn (5), Royal-Roussillon (4), Guyenne (5) et Berry (9). Au total, en incluant les non-combattants, l'armée de Lévis s'élevait donc à 7 266 hommes.

20 ANC, MG18, K8, vol. 12. Dans son journal, Lévis estime son armée à Sainte-Foy à « environ 5 000 hommes dont 2 400 miliciens » ; mais il y a eu plus de 1 400 hommes de ce nombre, comme la brigade de La Reine [régiments de La Reine et de Languedoc] et la cavalerie, qui n'ont jamais eu part à l'action, de même que les Amérindiens qui « s'étant retirés ne combattirent point ». Ces derniers reparurent à la fin de la bataille pour s'emparer de prisonniers britanniques. Ce sort peu enviable fut épargné à un officier du 58e régiment, Henry Hamilton, par un officier du régiment de Berry qui, voyant que les Amérindiens arrivaient, lui offrit d'endosser son habit et sa cocarde blanche, ce qu'Hamilton fit avec beaucoup de gratitude. Le prisonnier déguisé se tourna alors vers les deux soldats français qui l'escortaient et leur dit, en français et avec toute l'autorité d'un officier de leur camp : « Allons mes enfants, marchez ! » Il devint plus tard gouverneur des Bermudes et y fonda la ville d'Hamilton (ANC, MG23, GII, 11).

21 Ces huit Compagnies franches de la Marine étaient composées de soldats qui avaient été faits prisonniers, surtout à Louisbourg, puis échangés par la suite. Le Machault se saborda. La plupart des officiers, marins et soldats sacrifiés à l'avance dans cette expédition parvinrent néanmoins à échapper aux Britanniques et à regagner la France à bord de petites embarcations. Deux siècles plus tard, le Machault a fait l'objet de fouilles archéologiques par Parcs Canada.

22 «.... it would be so scandalous... », The Journal of Jeffery Amherst, édité par J. Clarence Webster, Toronto & Chicago, 1931, p. 248.

23 Proclamation du général Amherst, Montréal, 22 septembre 1760, Rapport des Archives canadiennes pour 1918, Ottawa, 1919, appendice B, p. 86.

24 L'Espagne entra en guerre au début de 1762 pour soutenir la France, mais l'Angleterre était devenue si puissante que les grandes villes coloniales espagnoles de La Havane, à Cuba, et de Manille, aux Philippines, tombèrent aux mains des Britanniques. Pour les récupérer, l'Espagne céda la Floride aux Britanniques ; en contrepartie, elle obtint la Louisiane de la France.

25 Souvent orthographié Pontiac.

26 BL, Additional Manuscripts, vol. 21666, Frederick Haldimand à James Murray, Trois-Rivières, 6 mars 1764.

27 BL, Additional Manuscripts, vol. 21666, Frederick Haldimand à James Murray, Trois-Rivières, 23 mars 1764.

28 Souvent désigné sous les noms anglais de «Battalion of Canadian Volunteers,, ou « Canadian Light Infantry ». Au sujet des services du bataillon dans la région des Grands Lacs, voir Journals of Col. John Montrésor, présenté par G. D. Scull, New York, 1882.

29 La confédération des nations de Pondiac s'effondra en 1764, plus précisément après que deux des six nations iroquoises se soient prononcées en faveur des Britanniques. La paix conclue par le colonel Bouquet stipulait que les Amérindiens devaient libérer tous les Blancs adoptés vivant au sein de leurs nations respectives. Conséquemment, des centaines de Blancs furent amenées au fort Pitt. Le récit de leurs retrouvailles avec les leurs compte parmi les pages les plus émouvantes que l'on puisse lire en histoire militaire. Voir Bouquet, Henry, An Historical Account of the Expedition Against the Ohio Indians in the Year MDCCLXIV, Londres, 1766. Cet ouvrage a connu plusieurs réimpressions.

30 PRO, War Office 34, vol. 74, « The Canadians are a hardy race of people & have been accustomed to arms from their infancy ... those people are certainly the properest kind of troops to be employed in an Indian War ... The moment the Indians see a body of Canadians in arms against them, they will be persuaded that America has but one master... », James Abercrombie, major du 78e régiment, à Jeffery Amherst, Londres, 10 janvier 1764; Jeffery Amherst à Lord Halifax, Londres, 14 janvier 1764.

31 PRO, War Office 34, vol. 41, « for I have a very low opinion of them... », Jeffery Amherst à Henry Bouquet+, New York, 31 août 1763. Pour une opinion favorable à Rogers et à ses hommes, voir Cueno, John R., Robert Rogers of the Rangers, New York, 1959.

32 PRO, Colonial Office 42, vol. 28, Guy Carleton à Lord Shelburne, Québec, 25 novembre 1767.

33 Après la guerre, les autorités britanniques avaient offert, sans grand succès, des terres aux militaires des régiments licenciés. Seuls les hommes du 78e régiment écossais avaient manifesté un certain intérêt. Au XIXe siècle, une curieuse légende concernant la dissolution de ce régiment s'est immiscée dans notre patrimoine militaire, voulant qu'« un grand nombre de ses soldats » - « a great portion of the soldiers » - se soient prévalus de l'offre et, qu'en épousant des Canadiennes, ils aient presque régénéré le pays tout en assurant sa sécurité - l'équivalent britannique du régiment de Carignan-Salières !  Certes, quelques officiers écossais avaient acheté des seigneuries, et des soldats du 78e s'étaient fixés au pays, mais en nombre limité. Lors de son licenciement, le régiment ne comptait plus qu'environ 500 hommes. Parmi ce nombre, selon les documents d'archives, 358 retournèrent en Grande-Bretagne et seulement 158 soldats furent démobilisés à Québec... Voir, par exemple, Lemoine, J. M., Maple Leaves, Québec, 1878, p. 142. La liste des soldats qui restèrent est publiée dans Harper, J. R., The Fraser Highlanders, Montréal, 1979, tandis que le document donnant le nombre de soldats rentrés en Grande-Bretagne se trouve dans PRO, War Office 34, vol. 4, Embarcation Return of the 47th and 78th Regiments... Québec, 10 octobre 1763.

34 L'invasion du Canada par les Bastonnois, journal de M. Sanguinet, présenté par Richard Ouellet et Jean-Pierre Therrien, Québec, 1975, p. 47. Selon une dépêche rédigée à Montréal le 10 juillet et parue dans le Maryland Journal and Baltimore Advertiser du 8 novembre 1775, la compagnie de marchands anglais était commandée par le major Robertson, le capitaine Porteous Grey et le lieutenant Todd.

35 Ibid., p. 63.

36 Ibid., p. 64.

37 Ayant reçu l'approbation du roi, Lord Dartmouth demanda d'abord 3 000 hommes, le l er juillet, puis il se ravisa pour en demander le double, le 24 du même mois. L'équipement requis pour tout ce monde fut rassemblé en un temps record. Dès le 12 juillet, des armes et des habits pour 3 000 hommes, ainsi que 4 canons, étaient à bord du navire devant les transporter à Québec. Au début d'août, un second navire quitta l'Angleterre avec de l'équipement pour un autre groupe de 3 000 hommes. Les habits ainsi envoyés étaient verts, relevés de rouge, avec des vestes et des culottes chamois. PRO, Colonial Office 42, vol. 34. Ces envois sont également rapportés et décrits par un correspondant londonien de la Maryland Gazette, publiée à Annapolis les 5, 12 et 19 octobre 1775.

38 Les chiffres portant sur le nombre d'hommes de la garnison sont souvent contradictoires, particulièrement pour la milice. Un état dressé le 16 décembre 1775 est passablement précis, sauf pour les miliciens qui ne sont évalués qu'à 500 hommes, dont 300 Canadiens (PRO, Colonial Office 42, vol. 34, Return of the men for the Defence of this town of Quebec). En revanche, un état des huit compagnies canadiennes établi le même jour fixe à 580 le nombre de miliciens (ANC, RG8, C 1714, Nouveau rôle de la Milice canadienne... ville de Québec, 16 décembre 1775). Quant à la British Militia, elle comptait entre 300 et 330 hommes, selon un de ses capitaines. Les soldats écossais, les marins et les artificiers reçurent tous un habit vert avec collet, revers et parements rouges ; les miliciens s'en virent attribuer un vert uni, sans revers. Tous portaient des vestes et des culottes de couleur chamois. Les officiers arboraient le même uniforme que leurs hommes, mais orné d'épaulettes et de galons argent au tricorne. Ce fut la première fois de notre histoire que tous les miliciens d'une grande ville canadienne portèrent l'uniforme militaire.

39 D'après les Américains, le bilan officiel de leurs pertes s'élevait à 30 tués, 42 blessés et 389 prisonniers, mais il y eut en réalité plus de tués (et sans doute aussi plus de blessés), comme le démontre George F. G. Stanley dans Canada Invaded, Toronto, 1973, pp. 103-104. En général, les Américains ont plutôt tendance, encore de nos jours, à minimiser leurs pertes et à gonfler celles de leurs adversaires. Les rapports officiels des Britanniques, au contraire, sont habituellement plus fiables.

40 L'invasion du Canada par les Bastonnois, journal de M. Sanguinet, p. 78.

41 Ibid., p. 85.

42 Mills & Hick's British and American Register, with an Almanack for the Year 1774, Boston, c. 1773. Dans les colonies anglaises de cette époque, les compagnies de « cadets » n'avaient rien à voir avec l'enseignement militaire. Elles étaient plutôt composées de bourgeois prospères et servaient habituellement de garde d'honneur aux gouverneurs. Leurs membres portaient des uniformes rutilants, mais on ne connaît pas la tenue de la compagnie de Halifax. Le petit livre cité ci-dessus mentionne aussi l'existence de corps de milice dans les comtés de King, Windsor, Queen's, Annapolis, Cumberland et Lunenburg.

43 « ... to wear the Barrack Rugs and Blankets otherwise they must suffer greatly if not entirely perish. » Journal du siège du fort Cumberland par Joseph Goreham, publié dans Report on Canadian Archives, 1894, pp. 359366. La garnison se composait de 171 officiers et soldats du Royal Fencible Americans, 4 artilleurs du Royal Artillery, 15 charpentiers armés, 1 lieutenant à la demi-solde (retraité), 3 officiers de milice et 9 habitants.

44 « ... the impopularity of their Seigneurs. » PRO, Colonial Office 42, vol. 36, John Burgoyne à Lord Germain, Québec, 14 mai 1777.

45 L'invasion du Canada par les Bastonnois, journal de M. Sanguinet, p. 98.

46 «... tofurnish people so circumstanced with the means of defending themselves. » PRO, War Office 1, vol. 2, Guy Carleton à Lord Barrington, Chambly, 8 juin 1776.

47 L'invasion du Canada par les Bastonnois, journal de M. Sanguinet, p. 107.

48 Ibid.

49 August Ludwig Schlôzer, cité dans Wilhelmy, Jean-Pierre, Les mercenaires allemands au Québec du XVIIIe siècle et leur apport à la population, Belœil, Qc, 1984, p. 162.

50 Gazette de France, 29 octobre 1782. Les pertes furent estimées à 10 ou 12 millions de livres françaises par les Français - environ un demi-million de livres anglaises selon l'Annual Register de 1783. Quel qu'en soit le montant, la perte fut sensible car la compagnie ne versa aucun dividende pendant trois ans.

51 Quelques objets échangés par Pérez et ses hommes furent envoyés en Espagne. Ces témoignages exceptionnels sont conservés au Museo de América et au Museo Naval, à Madrid. Voir en particulier l'excellente étude de Cabello, Paz, « The Ethnographic Collections : A Special Legacy of the Spanish Presence on the Northwest Coast, 1774-1792 », Spain and the North Pacific Coast, ouvrage collectif présenté par Robin Inglis, Vancouver Maritime Museum, 1992, pp. 137-158.

52 « The Indians gazed at one another for some time with fright & silent astonishment-, Journals of Captain James Cook : The Voyage of the Resolution and Discovery, 1776-1780, J. C. Beeglehole, éd., Cambridge, Hakluit Society, 1967, vol. 3, p. 1350.

53 En langue nootka : « Macuina, Macuina, Macuina; Asco-Tais, hua-cas ; Espana, Espana, Espana; Hua-cas, Macuina, Nutka. » En espagnol : «Macuina, Macuina, Macuina; es un gran principe, amigo nuestro; Espana, Espana, Espana; es amiga de Macuina y de Nutka. » Cité dans Sanchez, Joseph, Spanish Bluecoats : The Catalonian Volunteers in Northwestern New Spain, 1767-1810, Albuquerque, University of New Mexico, 1990, p. 94.

54 Loyalist Narratives from Upper Canada, présenté par James J. Talman, Toronto, Champlain Society, 1946, p. 229.

55 Philippe Aubert de Gaspé, Mémoires, Québec, 1885 (la première édition date de 1864), pp. 85-87.

56 L'étude de Jean-Paul de Lagrave, Fleury Mesplet (17341794) imprimeur, éditeur, libraire, journaliste, Montréal, Fides, 1985, est l'ouvrage par excellence à consulter pour la diffusion des idées de la Révolution au Canada français.

57 Genêt s'attira l'antipathie du président George Washington et fut blâmé par Robespierre. Voir Lagrave, pp. 420-421 ; voir également Michel Brunet, « La Révolution française sur les rives du Saint-Laurent », Revue d'Histoire de l'Amérique française, X (1957), pp. 155-162. Du point de vue militaire, il n'est pas certain que les autorités britanniques eussent réussi à mobiliser les milices canadiennes-françaises contre un « envahisseur » venu de leur mère patrie. Un rapport de mai 1794 concernant les milices de la région de Québec laissa entendre que la plupart des compagnies convoquées ne prendraient probablement pas les armes contre la France. En revanche, une assemblée de miliciens tenue à Berthier, près de Montréal, dénonça l'exécution de Louis XVI et mit les citoyens en garde contre « les diaboliques démarches de ces hommes inhumains [les Républicains français] - Gazette de Québec, 16 mai 1793.

58 Daniel S. C. Mackay, « Les Royal Canadian Volunteers », journal de l'organisation des musées militaires du Canada, VI (1977), pp. 1-17; J. L. Hubert Neilson, The Royal Canadian Volunteers 1794-1802: an historical sketch, Montréal, 1895, pp. 1-8.

59 Une bonne partie de la correspondance concernant ce régiment, y compris de nombreux états d'habillement, se trouve aux ANC, RG8, volumes C792, C793, C794, C795. Les volumes C1167 1/2 et C1203 1/2 sont des livrets d'ordres du régiment. Voir aussi les « Prescott-Papers » MG 23, K5. Lord Dorchester, dans sa demande d'uniformes du 31 janvier 1795 au duc de Portland, mentionne des chapeaux ronds, mais il reçut des bicornes - PRO, Colonial Office 42, vol. 101.

60 En 1810, le New Brunswick Fencibles offrit de servir partout dans le monde, comme les régiments métropolitains. L'offre fut acceptée et il devint le 104e régiment d'infanterie de ligne, continuant dans l'immédiat son service au Nouveau-Brunswick.

61 « The acquisition of Canada... will be a mere matter of marching », cité dans White, Patrick C. T., A Nation on Trial : America and the War of 1812, New York, John Wiley & Sons, 1965, p. 126.

62 Gazette de Montréal, 13 avril 1812.

63 ANC, RG9, vol. 3, Jean-Baptiste Hertel de Rouville à François Vassal de Monviel, Chambly, 17 mai 1812. On utilisa tellement de tissu rouge en 1812 qu'il n'en restait plus quand vint le moment de renouveler les uniformes, de sorte qu'en 1813 la plupart des miliciens portèrent des habits verts relevés de rouge avec des galons blancs. Le rouge fut porté de nouveau en 1814 et 1815, à la suite de l'arrivée d'uniformes provenant d'Angleterre.

64 PRO, Colonial Office 42, vol. 146, George Prevost à Lord Liverpool, Québec, 18 mai 1812.

65 [... ] and the horrors and calamities of war will stalk before you »; cité dans John Mackay Hitsman, The incredible War of 1812 : a military history, University of Toronto Press, 1965, p. 61.

66 « We came up with several regiments of militia on their line of march. They had all a serviceable appearance - all had been pretty well drilled, and their arms being direct from the tower, were in perfectly good order, nor had they the mobbish appearance that such a levy in any other country would have had. Their capots and trousers of home-spun stuff, and their blue tuques (night caps) were all of the same cut and color, which gave them an air of uniformity that added much to their military look.... They marched merrily along to the music of their voyageur songs, and as they perceived our uniform as we came up, they set up the Indian War-whoop, followed by a shout of Vive le Roi along the whole line... » , Dunlop, William, Recollections of the American War, 1812-14, Toronto, Historical Publishing, 1905, p. 13.

67 Longtemps après sa mort, survenue en 1824, l'historien louisianais Charles Gayarré découvrit que Wilkinson avait accepté, avant la Guerre de 1812, une fortune en or des Espagnols qui achetèrent ainsi secrètement sa collaboration et son influence auprès des autorités américaines au sujet du tracé des frontières américaines avec la Nouvelle-Espagne. Voir Archer, Christon, The Army in Bourbon Mexico, 1764-1810, Albuquerque, University of New Mexico, 1977, et Gayarré, Charles, History of Louisiana, New York, 1854, t. 2.

68 Cet exercice portait non seulement sur le maniement des armes, mais aussi sur les manœuvres tactiques et le mouvement des armées sur le champ de bataille. Il eut une influence considérable sur la conduite des batailles des guerres napoléoniennes et fut adopté avec plus ou moins de modifications par la plupart des armées européennes. Voir Graves, Donald E., The Battle of Lundy's Lane on the Niagara in 1814, Baltimore, Nautical & Aviation Publishing, 1993.

69 À Washington, en août 1814, les troupes britanniques détruisirent les édifices publics, dont celui du Congrès et la résidence du président, afin de venger les actes similaires commis par l'armée américaine à York (Toronto) l'année précédente. Avant d'incendier la demeure du président américain, les soldats du 21e régiment britannique se régalèrent du dîner présidentiel, abandonné précipitamment par Madison et ses convives...

70 Cette entente survient cependant trop tard pour prévenir l'échec d'un grand raid britannique contre la Nouvelle-Orléans, que défend le général américain Andrew Jackson. Livrée le 8 janvier 1815, cette bataille, malgré tout le romantisme dont les Américains l'ont entourée depuis, n'eut aucun effet stratégique.

71 En 1830, le président Andrew Jackson et le Congrès dépossédèrent de leurs terres les nations amérindiennes du sud des États-Unis, tant amies qu'ennemies, et leur ordonnèrent de quitter les lieux pour s'établir à l'ouest du Mississippi. La Cour suprême s'y opposa, mais Jackson passa outre et donna ordre à l'armée de les expulser (« get them out » ). Rassemblées de force et souvent enchaînées, environ 30 000 personnes empruntèrent ce qui fut véritablement « the trail of tears » - le sentier des larmes -, car plus du quart périrent en chemin. Voir : Cooke, Alistair, America, New York, Alfred A. Knoft, 1973, pp. 168-170.

72 Pelletier, Oscar C., Mémoires, souvenirs de familles et récits, Québec, 1940, p. 50.

73 Verset de la pièce de George Farquar, The Recruiting Officer, présentée en avril 1706, cité dans The Rambling Soldier : life in the lower ranks, 1750-1900, through soldier's songs and writings, présenté par Roy Palmer, Londres, Penguin, 1977, p. 9.

74 PRO, War Office 34/2, James Murray à Jeffery Amherst, Québec, 27 août 1763.

75 Dans Grose, Frances, A Dictionary of Buckish Slang, University Wit and Pickpocket Eloquence, Londres, 1811 (réimprimé sous le titre 1811 Dictionary of the Vulgar Tongue, Chicago, Follett, 1971), s. v.

76 Ibid., voir pour une description détaillée. Dans certains régiments, les officiers nouvellement mariés sont aussi soumis à cette tradition.

77 Les sergents qui habitent à la caserne disposent d'une petite pièce cloisonnée en bois au fond de la chambre.

78 Par exemple, entre octobre 1826 et mars 1827, 20 650 gallons de rhum furent vendus à Montréal. Cette quantité correspond sans aucun doute à la ration de rhum donnée occasionnellement aux soldats et à l'approvisionnement des cantines régimentaires dans les casernes. Or, la garnison du Haut et du Bas-Canada est alors d'à peine 3 000 soldats. Il faut tenir compte en plus de l'alcool consommé dans les cabarets !  ANQM, greffe de J.-M. Mondelet, nos 580, 587, 589, 594.

79 Aubert de Gaspé, Philippe, Mémoires, Québec, 1885, pp. 32-33. Après cette punition, le soldat est conduit à l'infirmerie où il reste au moins trois semaines à souffrir, le dos couvert de pansements imbibés de sucre et d'huile de plomb (plumbi acetas). Durant l'exécution de la peine, le chirurgien peut arrêter la punition s'il juge que la vie du condamné est en danger, car quelques malheureux succombent. Mais ce n'est que partie remise; on attend alors que le soldat guérisse pour lui administrer le reste de sa sentence.

80 PRO, War Office 34, vol. 4, James Pitcher à Jeffery Amherst, Québec, 23 septembre 1763.

81 En s'appuyant sur quelques stéréotypes, on a longtemps dépeint les officiers britanniques de cette époque comme de joyeux lurons ignares. Or, il n'en est rien, comme le démontre l'excellente étude de Houlding, John A., Fit for Service : the training of the British Army, 1715-1795, Oxford, Clarendon, 1981.

82 Voir Lacelle, Claudette, La garnison britannique dans la ville de Québec d'après les journaux de 1764 à 1840, Ottawa, Parcs Canada, 1979, pp. 55-56.

83 Cuthberston, Bennett, A System for the Complete Interior Management and Oeconomy of a Battalion of Infantry, Londres, 1769, p. 23.

84 Garneau, François-Xavier, Voyage en Angleterre et en France dans les années 1831, 1832 et 1833, présenté par Paul Wyczynski, Université d'Ottawa, 1968, p. 118. En 1831, le lieutenant Marlay et l'homme de lettres canadien-français Garneau s'embarquent à bord du même navire à Québec pour Londres.

85 Hunter, Robert, Quebec to Carolina in 1785-1786, présenté par Louis B. Wright et Marion Tinling, San Marino, Huntington Library, 1943, p. 108.

86 ANC, RG8, C1247, le duc de Richmond au secrétaire d'État à la Guerre et aux Colonies, Lord Bathurst, Québec, 10 novembre 1818. Militaire d'expérience, le duc de Richmond fut nommé gouverneur en chef de l'Amérique du Nord britannique en mai 1818 et il inspecta la frontière en personne. Il mourut accidentellement l'année suivante près de la ville actuelle d'Ottawa, en effectuant une reconnaissance. Ses recommandations furent ratifiées par le duc de Wellington, commandant en chef de l'armée britannique.

87 Despatches, Correspondence, and Memoranda of Field Marshal Arthur Duke of Wellington, présentés par son fils, le duc de Wellington, Londres, John Murray, 1867, vol. 1, p. 46.

88 Les chiffres concernant le canal Rideau sont souvent contradictoires. Pour s'y retrouver, voir Raudzens, George, The British Ordnance Department and Canada's Canals, 1815-1855, Waterloo, Wilfrid Laurier University, 1979. Les budgets de la Royal Navy sont établis d'après Clowes, William Laird, The Royal Navy : A History, From the Earliest Times to the Present, Londres, Sampson, Low, Marston, 1901, vol. VI, p. 190.

89 Jackman, Alonzo, «journal of Alonzo Jackman's Excursion to Quebec, 1838 », présenté par Gary T. Lord, Vermont History, XLVI, n° 4, 1978, p. 256.

90 David, Laurent-Olivier, Mélanges historiques et littéraires, Montréal, Beauchemin, 1917, p. 267.

91 SRO, Dalhousie Papers, Confidential Report, Québec, 26 mai 1824.

92 SRO, Dalhousie Papers, Lord Dalhousie à Lord Bathurst, Québec, 19 décembre 1823.

93 ANC, RG9, IAi, vol. 82, François Vassal de Monviel, à P.-H. Bédard, écuyer, Québec, 5 décembre 1823.

94 SRO, Dalhousie Papers, 1er juin 1828, selon lequel Dalhousie demande que les officiers portent un frac (ou redingote) gris ou bleu avec l'écharpe cramoisie. Plusieurs unités rapportent avoir adopté des fracs bleus avec des écharpes dès l'année suivante - ANC, RG9, IAi, vol. 34-35 ; la cavalerie beauceronne est mentionnée dans le Quebec Mercury, 9 mai 1829.

95 ANC, RG4, Al, vol. 620, British Rifle Corps, Montréal, 16 décembre 1835. Ce document, soumis au gouverneur en chef, Lord Gosford, compte 393 signatures. Il semble que ces gens aient préféré former leur propre unité plutôt que d'adhérer au Montreal Rifle Corps qui existait déjà, car ce corps de volontaires était alors commandé par Sabrevois de Bleury, un gentilhomme canadien-français que l'on disait ami de Papineau, et qui avait probablement été nommé pour réconcilier la population française avec la milice.

96 Papineau, Amédée, journal d'un Fils de la Liberté réfugié aux États-Unis par la suite de l'insurrection canadienne, en 1837, Montréal, l'Étincelle, 1978, vol. II, pp. 46-47.

97 « [...] equalled if not surpassed by what he had witnessed at the sack of Badajos » ; cité dans Senior, Elinor Kyte, Redcoats & Patriotes : The Rebellions in Lower Canada, 1837-38, Ottawa, Canadian War Museum, 1985, p. 137. Le sac de la ville espagnole de Badajos, défendue par les Français en 1812, eut lieu après un assaut épouvantablement sanglant livré par l'armée britannique. Complètement désaxés et rendus fous par la violence du combat, les soldats perdirent toute discipline et se livrèrent au vol, au saccage, à l'ivresse et au viol. Il fallut trois jours pour rétablir l'ordre. On ne déplora pas de viol à Saint-Eustache, car les femmes et les enfants s'étaient retirés avant la bataille.

98 Jean-Joseph Girouard à M. Morin, 28 avril 1838, cité dans Les Patriotes, 1830-1838, textes présentés et compilés par John Hare, Montréal, Libération, 1971, p. 144.

99 « ... the Papineau horses. » Il s'agissait des Volontaires loyaux de St. Andrews, dont quelques membres tentèrent avec succès de limiter le pillage. Wales, B.A., Memories of Old St. Andrews and Historical Sketch of the Seignory of Argenteuil, Lachute, Watchman, 1934, p. 114.

100 Mémoires de Robert S.-M. Bouchette, 1805-1840, recueillis par son fils et annotés par A.-D. De Celles, Montréal, 1903, pp. 57-58.

101 Ce stratagème n'était pas aussi naïf qu'il peut en avoir l'air a priori. Il fut utilisé avec succès par des insurgés en Inde durant la grande révolte des Cipayes, en 1857. C'est à partir de cette époque que les soldats britanniques reçurent l'ordre d'assister aux services religieux armés de leurs fusils.

102 Prieur, François-Xavier, Notes d'un condamné politique de 1838, Montréal, 1884, p. 11. Les patriotes fabriquèrent aussi quelques canons de bois cerclés de fer qui ne servirent pas, « ne pouvant guère se prêter aux exigences du transport », nota Prieur.

103 John Prince fit l'objet d'une enquête et fut acquitté. Pour plus de détails sur les batailles de l'île de Pelee et de Windsor, de même que sur l'enquête qui s'ensuivit, voir John Prince : A Collection of Documents, présenté par R. Alan Douglas, Toronto, Champlain Society, 1980. Il est bon de noter que les préjugés de Prince, selon lesquels on ne pouvait en aucun cas faire confiance aux Canadiens français à Windsor, se révélèrent totalement erronés. Une partie des volontaires, à la bataille de Windsor, étaient de souche française, sous le commandement du capitaine S.-J. Thebo (Thibault), du 2e régiment de la milice du comté d'Essex. Ce régiment se composait en bonne partie de Canadiens français et environ 15 de ses 35 officiers étaient francophones.

104 «... supply the government with intelligence in those localities where discontent and disaffection appeared to have taken deepest root. » ANC, RG4, B14, vol. 2, Hawthornelock A Cathcart, D. Daly et Campbell, 27 avril 1840. Cette organisation ressemblait à la force constabulaire paramilitaire déployée en Irlande. Voir Rules for the governement of the Rural Police, Montréal, 1839. Selon la Bytown Gazette du 11 juin 1840, la Rural Police comptait 30 constables, dont 10 à cheval, dans chacun de ses neuf districts. La police de Montréal comptait 106 hommes, dont 4 à cheval, et celle de Québec 83. À compter de 1842, ces deux derniers corps policiers furent réduits de moitié. ANC, RG4, B14, vol. 26, W. Coffin aux greffiers des villes de Montréal et Québec, 26 et 31 décembre 1841.

105 « [...] evidently calculated toform a basis of offensive operations», PRO, War Office 1, vol. 536, Memorandum upon the Canadian Frontier, novembre 1840.

106 PRO, War Office 1, vol. 537, Memorandum on the Defence of Her Majesty's Dominions in North America, 31 mars 1841.

107 Dès mars 1840, ces policiers délaissèrent les sabres, les armes à feu et la tenue militaire pour s'armer simplement d'un bâton et revêtir redingote bleue et chapeau haut-de-forme, le costume presque civil que portaient les policiers d'alors afin de se rapprocher des citoyens. La Rural Police et la police de Québec furent dissoutes le 1er janvier 1843, alors que celle de Montréal le fut le 23 du même mois. ANC, RG4, B14, vol. 27, lettres de décembre 1842 et janvier 1843.

108 ANC, RG9, ICI., vol. 119, lieutenant-colonel Étienne-Pascal Taché à un destinataire inconnu, Montréal, 8 septembre 1846.

109 Fréchette, Louis, Mémoires intimes, présenté par George A. Klinck, Montréal, Fides, 1974, p. 121.

110 Young, James, Reminiscences of the Early History of Galt and the Settlement of Dum fries in the Province of Ontario, Toronto, 1880, pp. 236-238.

111 La Patrie, Montréal, 10 novembre 1854.

112 En 1858, la crainte d'une invasion par la France se généralisa au sein de la population des îles britanniques, bien que les deux pays soient en paix. Dans un élan populaire inspiré des vers « Form ! Riflemen, Form! », de Tennyson, des dizaines de milliers de gens formèrent en un temps record des compagnies de volontaires. En quelques mois seulement, ce « Volunteer Movement » entraîna la création de l'armée de réserve britannique qui existe encore de nos jours.

113 Les subdivisions de l'escadre de l'Atlantique Nord varièrent selon les époques. Par exemple, à l'époque des raids des Fenians, au cours des années 1860, l'escadre comptait quatre divisions permanentes (les Barbades, la Jamaïque, les Bermudes et Halifax qui était aussi le quartier général) et une division temporaire comprenant le Saint-Laurent et les Grands Lacs.

114 Le principe du chargement par la culasse créa quelques difficultés et les Britanniques revinrent au chargement par la bouche en 1869. Grâce à des progrès techniques, ces problèmes furent cependant résolus et on adopta le chargement par la culasse dans les années 1880.

115 Le HMS Erebus a connu une carrière peu commune. Construit comme galiote à bombes en 1808, il fut transformé en navire lance-fusées et attaché à l'escadre de l'Atlantique Nord durant la guerre de 1812. Les fusées qu'il lança contre le fort McHenry durant la nuit du 13 au 14 septembre 1814 inspirèrent l'hymne national américain à l'avocat Francis Scot Key. Un des vers les plus célèbres de cet hymne est « by the rocket's red glare... our Flag was still there » ; en effet, cette nuit-là, la seule façon de savoir si le fort tenait toujours était d'apercevoir le drapeau américain à la lueur des fusées. Construit très solidement, l'Erebus fut occasionnellement affecté aux explorations arctiques. Il fit partie de l'expédition de Ross, de 1841 à 1843 et, évidemment, de celle de Franklin. Depuis 1848, il repose au fond de l'Arctique avec le HMS Terror.

116 Le véritable passage du Nord-Ouest fut franchi pour la première fois, d'est en ouest, de 1903 à 1906, par l'explorateur norvégien Roald Amundsen, à bord du Gjoa. La seconde fois, il le fut par le sergent Henry Larsen, de la Gendarmerie royale du Canada, commandant le St. Roch; il fit le voyage d'ouest en est de 1940 à 1942, puis d'est en ouest en 1944. Le St. Roch devint ainsi le premier navire canadien à traverser le fameux passage, le premier navire à le traverser dans les deux sens, et à réussir la traversée en moins d'un an. Ce petit bateau patrouilleur exceptionnel est maintenant conservé par Parcs Canada au Musée maritime de Vancouver.

117 Ce fort Garry ne fut pas le premier à être construit à la jonction des rivières Rouge et Assiniboine. Il fut précédé par d'autres, notamment le Fort Rouge, construit par les La Vérendrye en 1738, et le fort Gibraltar, que la Compagnie du Nord-Ouest édifia en 1804. De plus, un premier fort Garry, en pierre, fut érigé à cet emplacement au début des années 1820 et abandonné environ dix ans plus tard. En 1835 débuta la construction, également en pierre, du second fort Garry, souvent nommé Upper Fort Garry, qui fut le centre administratif de la Compagnie de la baie d'Hudson durant plusieurs décennies et qui forma le noyau de la future ville de Winnipeg. Un portail en pierre, aujourd'hui situé au centre-ville, constitue le seul vestige d'Upper Fort Garry. Heureusement, Lower Fort Garry ne fut pas détruit. Ce superbe grand fort, un des joyaux de notre patrimoine commercial et militaire, est aujourd'hui préservé à titre de lieu historique national par Parcs Canada.

118 « ... and shall well and truly serve the same double office of Private in the Volunteer Corps and Peace Officer. » Manitoba Archives, MG2, B7-1, Red River Volunteers attestations, fort Garry, février et mars 1835. Le commandant recevait £ 20 par année, chaque sergent £ 10 et chaque volontaire £ 6.

119 « ... imitated their noble example. » Cité dans McKelvie, B.A. et Ireland, W.E., « The Victoria Voltigeurs », in British Columbia Historical Quarterly, XX, 1956, p. 228.

120 « ... no such interest in the maintenance and support of this outlying settlement... taking possession of the Russian settlements... wether it would be worth our having » ; « H.M. Govt. deems it to be at once both unnecessary and unadvisable. » PRO, War Office 1, vol. 551, note du colonel Mundy, 27 juillet 1854, et lettre au gouverneur James Douglas, 5 août 1854.

121 Le 16 novembre 1863, 22 officiers et soldats avec 8 femmes et 17 enfants se rembarquèrent pour l'Angleterre. Il y eut une cérémonie d'adieux pleine d'émotion. La fanfare des Royal Engineers joua «Auld Lang Syne » et « Home Sweet Home », chansons reprises en chœur par la population et les marins rassemblés sur le port alors que le navire appareillait. Voir Woodward, Frances M., « The Influence of the Royal Engineers on the Development of British Columbia », in BC Studies, n° 24, hiver 1974-75.

122 Il s'agit du même George Pickett qui, devenu général dans l'armée confédérée, commanda la célèbre charge surnommée « Pickett's Charge » à la bataille de Gettysburg, en 1863, durant la guerre civile américaine.

123 Le traité de Washington fut signé en 1871, mais la question de l'île San Juan ne fut finalement réglée qu'à la suite d'une médiation de l'empereur d'Allemagne, qui accorda l'île et l'archipel voisin aux États-Unis le 21 octobre 1872.

124 Pour les détails de ces campagnes peu connues, voir l'excellente étude de Gough, Barry M., Gunboat Frontier : British Maritime Authority and Northwest Coast Indians, 1846-1890, Vancouver, University of British Columbia, 1984.

125 PRO, Colonial Office 61, vol. 1, « Laws of Britain to be in force in British Columbia », 19 novembre 1858.

126 En 1864, le Victoria Volunteer Rifle Corps se dota d'un uniforme blanc et bleu rappelant celui que portait l'infanterie autrichienne !  Critiquée par la presse, cette tenue fut changée l'année suivante pour un austère uniforme vert-noir importé d'Angleterre, semblable à celui du 60e King's Royal Rifle Corps. En décembre 1873, à la suite de l'union de la Colombie-Britannique avec le Canada et de la réorganisation des corps de volontaires qui en découla, le Victoria Volunteer Rifle Corps fut dissous afin de permettre la création de deux nouvelles compagnies de carabiniers composées en partie de ses membres. Lovatt, R., « Les voltigeurs, les fusiliers et les artilleurs de Victoria (C.-B,) 1851-1873 », Journal de l'organisation des musées militaires du Canada, VI, 1977.

127 Les Home Guards de New Westminster disparurent vers 1871 mais la Seymour Artillery survécut et elle fut incorporée à l'Artillerie royale canadienne.

128 « ... to defend men who will not defend themselves. Cité dans Stacey, C.P., Canada and the British Army, 1846-1871 : A Study in the Practice of Responsible Government, University of Toronto Press, 1963, p. 138.

129 « They knew that they would be properly led, that they were under the command of professional soldiers, and would have the advice and assistance of men whose trade was war. » Davis, R.H., The Canadian Militia : Its Organization and present condition, Caledonia, 1873, p. 11.

130 Des carabines Spencer furent remises à certaines unités d'artilleurs et de fantassins volontaires en Ontario, et des Westley-Richards aux volontaires de Montréal. Pour plus de détails, voir Chartrand, René, « American Breech-Loading Firearms in the Canadian Service, 1866-1872 », Arms Collecting, XXIV, 1986.

131 Un 10e district sera créé en 1870 pour le Manitoba et un 1l e pour la Colombie-Britannique l'année suivante.

132 Par exemple, le bataillon d'Halifax, formé le 14 mai 1860, reçut le numéro 63 alors qu'en réalité il était le troisième bataillon de volontaires à avoir été formé en Amérique du Nord britannique. Le 1er bataillon fut formé à Montréal le 17 novembre 1859, le 2e à Toronto le 26 avril 1860, les 3e, 4e, 5e et 6e à Montréal, en janvier 1862, les 7e, 8e et 9e à Québec, en février et mars 1862, le 10e à Toronto et le Île à Saint-André d'Argenteuil, le 14 mars 1862, le 12e à Toronto, le 29 octobre 1862, le 13e à Hamilton, le 11 décembre 1862, le 14e à Kingston et le 15e à Belleville, en janvier 1863, le 16e à Picton et le 17e à Lévis, en février 1863, et ainsi de suite. Voir Jackson, H.M., The Roll of the Regiments (The Active Militia), s.l., 1959.

133 ANC, RG9, vol. 279, adjudant général au capitaine James O'Reilly, 10 mars 1857 ; adjudant général au colonel Moffat, 11 et 20 mars 1856. La compagnie de carabiniers irlandais de Kingston du capitaine O'Reilly portait un uniforme vert avec collet, parements et plumet du shako vert pâle, rappelant la couleur nationale de l'Irlande.

134 Du 1er mars au 31 août 1858, 1 506 hommes s'enrôlèrent. La majorité venaient de l'Ontario, moins de 20 % étant du Québec, et il ne semble pas y avoir eu de Canadiens français parmi les recrues. On a quelquefois affirmé que de nombreux fils de vétérans du 100e régiment de la Guerre de 1812, établis le long de la rivière Rideau, auraient comblé les rangs du nouveau 100e, ce qui est erroné ; seulement trois recrues de ce groupe ont pu être identifiées.

135 Le nombre de Canadiens français qui servirent dans l'armée de l'Union demeure fort difficile à préciser. Dans un discours prononcé en 1868, Georges-Étienne Cartier parlait de 50 000, chiffre qui semble cependant fort élevé, puisqu'il correspondait à peu près à celui de la population totale des Canadiens français en Nouvelle-Angleterre. Il est évidemment question, ici, d'Américains de souche canadienne habitant déjà les États-Unis, et non pas de volontaires partis du Canada. Voir Brault, Gérard-J., The French-Canadian Heritage in New England, Kingston et Montréal, McGill-Queens, 1986. Il semble que les volontaires partis du Canada pour se joindre à l'armée de l'Union aient été peu nombreux.

136 Maximilien, frère de l'empereur d'Autriche, fut sacré empereur du Mexique, mais il fallait une garnison française de quelque 35 000 hommes pour le maintenir sur le trône. La plupart des Mexicains appuyaient en effet les forces républicaines du président Benito Juarez qui combattaient pour recouvrer l'indépendance de leur pays. Pour plus de détails, voir Chartrand, René, The Mexican Adventure, 1861-1867, Londres, Osprey Military, 1994.

137 « [...] a sort of playing at soldiers [...] », Russel, W. Howard, Canada ; Its Defences, Condition, and Resources, Londres, 1865, p. 219.

138 Cité dans Pariseau, Jean, et Bernier, Serge, Les Canadiens français et le bilinguisme dans les Forces armées canadiennes, Tome I, 1763-1969 : le spectre d'une armée bicéphale, Ottawa, Service historique de la Défense nationale, 1987, p. 50. Les lois, les rapports soumis au Parlement publiés dans les documents de la session et les règlements parus dans la Gazette officielle étaient traduits en français, mais de nombreux autres règlements et manuels, sans compter les rapports internes, ne l'étaient pas. Ce ne fut qu'en 1969, avec l'adoption de la Loi des langues officielles, que l'usage du français dans les ministères fédéraux devint obligatoire.

139 Organisation militaire des Canadas. L'Ennemi ! L'Ennemi !, par un Carabinier, Québec, 1862, p. 29.

140 ANC, RG9, IC8, vol. 3. Commanding officer's reports, 4e bataillon « Chasseurs canadiens » de Montréal, 10 novembre 1862.

141 En 1875, la question de l'uniforme zouave fut soumise au War Office qui estima que la couleur rouge « nationale» devait être utilisée par la milice canadienne. La question fut de nouveau soulevée quatre ans plus tard et la proposition de nouveau rejetée, car, disait-on, les Américains utilisaient le gris (leur tenue était bleu foncé avec pantalons bleu ciel) et parce que ce n'était pas un uniforme français... ANC, MG26, A, vol. 307.

142 Le siècle suivant devait d'ailleurs être tout à l'honneur des quelques unités québécoises francophones, qui parvinrent à promouvoir le patrimoine militaire canadien-français malgré maintes vexations et humiliations. Beaucoup de ceux qui éprouvaient de l'attirance pour le monde militaire se joignirent aux compagnies de « Zouaves pontificaux canadiens » qui se formèrent dans de nombreuses paroisses à partir des années 1870, organisations paramilitaires qu'ils contrôlaient et qui jouissaient du prestige alors énorme de l'Église. Ainsi, dans cette milice volontaire parallèle, ils ne portaient pas les habits rouges « des Anglais» et n'avaient pas à subir d'insultes au sujet de leur langue, leur culture et leur foi. Un incident, survenu en 1877, reflète bien les tensions qui opposaient chaque communauté et les valeurs qui les animaient. Lors de leur passage sur un petit bateau, à Ottawa, certains Zouaves pontificaux de cette ville provoquèrent un scandale en remplaçant l'Union jack par leur drapeau sur le mât principal du bâtiment. Le capitaine Simmonds parvint à faire remettre l'Union Jack en place, car il devait l'arborer selon la loi, et les Zouaves hissèrent leur drapeau à un autre mât. Cet incident fut relaté dans le Daily Citizen (à Ottawa) du 3 juillet 1877 et l'Association loyaliste d'Ottawa offrit une médaille à Simmonds pour avoir maintenu l'honneur du drapeau britannique !  Cette médaille est aujourd'hui conservée au Musée canadien de la Guerre.

143 Par exemple, des officiers d'artillerie volontaire canadienne allèrent jusqu'à adopter non seulement l'uniforme, mais encore les insignes du Royal Artillery britannique, de même que sa devise, Ubique, commémorant ses services à travers le monde. Ce geste provoqua l'hilarité des Britanniques, et l'épouse du gouverneur général Monck nota que l'on qualifiait de « nowhere » - les artilleurs qui vont nulle part - les officiers canadiens arborant ces insignes !  Monck, Elizabeth, My Canadian Leaves, Dorchester, Dorset County Express, 1873, pp. 139-140. L'adjudant-général de la milice prit des mesures « d'une manière discrète » (« in a quiet way ») pour que les officiers canadiens enlèvent le mot Ubique de leurs insignes. Col. P. L. McDougall au Capitaine R. H. de Montmorency, Ottawa, 14 juin 1867. ANC, RG9, ICI, vol. 286.

144 Les données concernant le nombre de Fenians ayant pris part à cette ultime tentative d'invasion varient beaucoup. Non seulement les Canadiens en surestiment-ils le nombre, mais encore existe-t-il un écart sensible entre les contingents promis et ceux qui prirent effectivement part aux raids. Ainsi, le 1er régiment fenien du Vermont ne rassembla que 65 hommes au lieu des 600 promis, et le 2e Massachusetts 140 au lieu de 1000. Voir Toner, Peter M. « The Military Organisation of the "Canadian" Fenians, 1866-1870 », The Irish Sword, X, 1971, pp. 26-37.

145 Plusieurs compagnies de milice volontaire furent levées au Manitoba durant le mois d'octobre. Voir Tascona, Bruce, « The Independent Companies of Manitoba, 1871-1884 », journal of the Military History Society of Manitoba, 1992, pp. 5-12.