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CHAPITRE 1: Les premiers guerriers

Un monde déjà habité (2 pages)

Premières nations établies

Village typique d'Amérindiens du Nord-Est

Village typique d'Amérindiens du Nord-Est
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Tous ces peuples, essentiellement nomades, vivaient de chasse et de pêche, tandis que, dans la vallée du Saint-Laurent, au sud du Québec et de l'Ontario, et à l'ouest de ce qui est maintenant l'État de New York, se trouvaient les Iroquoiens (Hurons, Iroquois, Neutres, Pétuns ), qui, dépendant déjà largement de l'agriculture, étaient sédentarisés et habitaient dans des villages.

Parmi les peuplades du nord-est, celles qui appartenaient au groupe iroquoien apparurent comme les plus militarisées. Elles étaient aussi les seules à avoir formé des associations : la Confédération huronne, fondée vers 1440, et la Ligue des Cinq Nations iroquoises, qui remonte aux alentours de 1560. Cette dernière joua un rôle prépondérant dans l'histoire de la colonie française. Elle regroupait les Agniers, que les Anglais appelèrent Mohawks, les Goyogouins (Cayugas ), les Onontagués (Onondagas ), les Onnéiouts (Oneidas ) et les Tsonnontouans (Senecas ).

Les Iroquois et les Hurons vivaient dans des villages fortifiés, entourés de palissades. Ces ouvrages défensifs étaient des constructions fort développées. Ainsi, la bourgade de Hochelaga, qui occupe le site sur lequel s'élève aujourd'hui la ville de Montréal, est « toute ronde et close de bois à trois rangs, en façon d'une pyramide croisée par le haut », d'environ neuf mètres de hauteur. Le sommet de la palissade est parcouru « de manières de galeries et échelles à y monter, lesquelles sont garnies de roches et de cailloux ». Il n'y a qu'une seule porte, qui « ferme à barre » [1]. De même, un village iroquois est habituellement solidement fortifié de « quatre bonnes palissades de grosses pièces de bois, entrelacées les unes parmi les autres... de la hauteur de trente pieds, et les galeries, comme en manière de parapets » [2]. Il s'agit bien, dans les deux cas, du type de fortifications commun aux villages hurons et iroquois. Les fouilles archéologiques confirment qu'un rang de pieux doublait parfois, à l'extérieur, la palissade principale et qu'à l'intérieur l'enceinte était toujours tracée selon un plan ovale ou rond. Ces constructions, d'une façon générale, ne sont pas sans rappeler les forts de bois érigés dans le nord de l'Europe occidentale durant le haut Moyen Âge.

Les bourgades de moindre importance et les postes isolés étaient aussi fortifiés, mais plus modestement. Un fortin en bois que les Iroquois avaient construit « est fait de puissants arbres, arrangez les uns sur les autres en rond » [3], de sorte que la palissade qui l'entoure est relativement basse. La description de l'attaque de cette petite place forte par les Hurons révèle quelques-uns des moyens qu'utilisaient les Amérindiens pour assiéger un camp ennemi. Les Hurons s'approchèrent d'abord des murs qu'ils voulaient saper en se cachant derrière de grandes parois mobiles en bois. Ils abattirent les arbres les plus grands, à proximité de la palissade, de manière à les faire tomber sur celle-ci. Toujours abrités derrière leurs parois mobiles, ils tentèrent ensuite d'attacher des cordes aux piliers de soutien et de renverser ceux-ci à la force des bras.

Les Iroquoiens ne furent pas les seuls à ériger des fortifications aussi imposantes en Amérique du Nord. Dans la vallée du Mississippi, foyer de multiples civilisations précolombiennes, des peuples, disparus avant l'arrivée des Blancs, bâtirent de nombreux forts. Vers l'an 1200 de notre ère, la grande cité de Cahokia, qui se trouvait près de la ville actuelle de Collinsville, en Illinois, était ceinte d'une palissade de quatre à cinq mètres de hauteur, ponctuée de nombreuses tours de garde et entourée d'un fossé. Ces fortifications assuraient la protection d'une population de quelque 20 000 habitants. De récentes fouilles archéologiques, menées au fort de Kitwanga, en amont de la rivière Skeena, en Colombie-Britannique, confirment que les nations amérindiennes de la côte du Pacifique construisaient également des fortifications imposantes. L'idée même de fortifier ne se limitait pas aux peuples sédentaires. Les Amérindiens nomades du nord des grandes plaines, par exemple, érigeaient occasionnellement des huttes en bois entourées de petites palissades en guise de fortification temporaire.