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CHAPITRE 2: Les soldats du XVIe siècle

Les soldats des expéditions au Canada (1 page)


Jusqu'au milieu du XVIIe siècle, les diverses expéditions à destination du Canada ne furent pas accompagnées de détachements des troupes royales, mais d'hommes levés par les compagnies d'exploration et de commerce qui finançaient l'opération. Pour avoir le droit de recruter des soldats, ces compagnies, anglaises ou françaises, devaient obtenir la permission du souverain, condition qui s'appliquait également au droit de couler des canons et de faire la guerre. Elles s'engageaient à assumer tous les frais de l'expédition, dont ceux du recrutement, de l'entretien et de l'équipement des troupes, en échange d'un monopole exclusif, la traite des fourrures, par exemple. Le chef de l'expédition recevait en outre une commission royale de lieutenant-général, ou de gouverneur, qui lui donnait autorité pour agir au nom du roi - souvent un des actionnaires importants de l'entreprise - dans les affaires de la colonie.

Qui sont-ils donc, ces soldats qui accompagnent les expéditions se dirigeant vers le Canada ? Il est probable que plusieurs, sinon la majorité, étaient des vétérans de l'armée royale ayant à leur actif, déjà, plusieurs campagnes. En fait, la composition des premiers corps militaires envoyés en Amérique du Nord dut ressembler à celle des troupes transportées par les Espagnols au sud. Il y a « parmi nous des soldats qui avaient été dans plusieurs parties du monde, à Constantinople, dans toute l'Italie et à Rome... » [14], écrit l'un deux. En période de paix, surtout, ces soldats, démobilisés, arpentaient les divers royaumes d'Europe en quête d'un engagement, et l'aventure outre-mer n'était certes pas à dédaigner.

Par ailleurs, les soldats ne sont pas les seuls hommes d'armes que l'attrait de ces expéditions amène en Amérique. Des gentilshommes s'y joignent pour participer aux explorations, dans l'espoir de trouver de l'or ou de se procurer des terres. Cartier en prend quelques-uns sur ses bateaux en 1535 ainsi qu'en 1541-1543. Dans certains cas ils sont relativement nombreux. Par exemple, lors de la seconde expédition de Martin Frobisher, en 1577, on compte « 11 autres gentilshommes » [15] en sus des officiers réguliers. Ce sont, en quelque sorte, des surnuméraires, dont l'épée et les connaissances peuvent s'avérer utiles.

Les documents du XVIe siècle sont vagues quant à la présence et au nombre de soldats dans les corps expéditionnaires. En 1504, un galion français vogue vers le Brésil. C'est l'une des premières fois que la France envoie des hommes outre-mer. Les écrits sur ce voyage ne mentionnent pas l'occupation de chacune des 60 personnes à bord, mais rapportent cependant qu'elles sont bien armées, avec quelque 40 « harquebuses et autres tels bastons à feu », sans compter des piques, des pertuisanes et des dagues. Une mention selon laquelle « Jacques L'Homme, dit La Fortune, soldat » [16], a été enlevé, de même qu'un marin, par les Amérindiens, prouve qu'il y avait des hommes d'armes à bord.