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ANNEXE A: L'Organisation de la Nouvelle-France

Les soins du corps et de l'âme (4 pages)

La profession médicale en Nouvelle-France

C'est au XVIIIe siècle, en France, qu'apparaît le corps médical militaire. Sous le règne de Louis XIV, on construisit de nombreux hôpitaux militaires, ainsi que le célèbre Hôtel des Invalides pour loger les soldats estropiés. Les médecins et les chirurgiens furent d'abord engagés pour soigner les malades dans les hôpitaux, puis sur les lieux des campagnes. Finalement, l'accroissement du nombre d'hommes sous les armes, et conséquemment du nombre de blessés et de malades, mena à la création d'un service de santé distinct pour les troupes en 1708.

Dans la Marine, les médecins, les chirurgiens et les apothicaires furent d'abord engagés individuellement, mais formèrent ensuite un corps permanent, à partir de 1689, lorsque tous les aspects de leur fonctionnement, à bord et à terre, furent réglementés en détail. La direction des services d'infirmerie dans les hôpitaux de la Marine revenait aux ordres religieux.

En Nouvelle-France, comme dans les autres colonies, les spécialistes de la médecine sont rares. On compte seulement quatre médecins au Canada durant tout le Régime français. Les chirurgiens sont en plus grand nombre, cependant, mais leur formation est rudimentaire. Jusqu'en 1743, leur profession et celle de barbier sont réunies sous une même corporation professionnelle, celle des barbiers-chirurgiens. On demande surtout à ces hommes d'être habiles au maniement de la scie et de la lame. Ils doivent savoir pratiquer des incisions, amputer des membres, faire des trépanations et des saignées, et servir de pharmaciens à l'occasion. Comme à cette époque l'anesthésie est inconnue, le patient doit subir l'opération chirurgicale à froid. Le mieux qu'on puisse faire est de lui donner de l'eau-de-vie et un morceau de cuir pour y mordre au lieu de crier quand la douleur est trop vive. Si certains peuvent subir une amputation en fumant une pipe, d'autres, épouvantés par l'horreur de ce qu'on pratique sur leur corps, doivent être retenus par plusieurs camarades. Comme on ne connaît pas l'effet des microbes et le danger de contagion que représentent des instruments souillés, le patient peut encore succomber par infection. On lutte contre celle-ci par l'application d'alcool ou la cautérisation de la plaie au fer rouge.

Étant peu nombreux, les médecins et les chirurgiens de la Nouvelle-France soignent tant les civils que les militaires et ne font pas partie intégrante des Forces armées comme c'est le cas dans la métropole. Bien que quelques chirurgiens accompagnent le régiment de Carignan-Salières entre 1665 et 1668, c'est peu après l'arrivée des troupes de la Marine, durant les années 1680, que l'on établira une structure permanente. À partir de 1686, au Canada, et du XVIIIe siècle à Louisbourg, un chirurgien-major s'occupe des soins aux soldats moyennant une somme de trois livres par mois et par compagnie, somme déduite de la solde des soldats. Agissant de concert avec le médecin du roi, ce chirurgien-major est en charge de l'administration de la santé pour les militaires et les marins.